MOTIFS DE L'ABSENCE DE MONSIEUR L'ABBE TOURNYOL DU CLOS A L'ASSEMBLEE DE FEVRIER A ALBANO

 
 

De l'abbé TOURNYOL du CLOS
Assistant
Fraternité sacerdotale Saint-Pierre

A Monsieur l'abbé BISIG
Supérieur Général
Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre
 

Beyrouth, le 6 février 2000


Monsieur le Supérieur Général,

Veuillez trouver ici, succinctement exposées, et telles que vous les connaissez déjà, les raisons de mon absence à l'Assemblée du mois de février 2000.

Après la façon inique dont votre propre autorité a été bafouée par les instances mêmes qui, face à une conspiration, auraient dû la défendre, je ne puis par ma présence, donner ma caution, fut-elle passive et muette, à un affrontement imposé par la même autorité. Je n'accepte pas non plus de me prêter à une manúuvre dont le but évident consiste en l'exploitation de différents internes depuis longtemps encouragés.

En effet, pas davantage que je n'ai approuvé la déloyauté de nos confrères, les accusations auxquelles ils se sont livrés contre vous et leur trahison vis-à-vis de nos actes fondateurs, je ne saurais aujourd'hui me faire complice de l'éclatement savamment programmé de notre Institut par les autorités chargées de le protéger.

Je refuse de me rendre complice du mépris dans lequel sont tenus : nos choix, nos fidélités, nos constitutions, nos vocations sacerdotales, et jusqu'à nos paroissiens.

1. Mépris de nos choix : ceux auxquels nous avons tout sacrifié. La Messe, le Catéchisme, l'Ecriture. Et le Rite tridentin dont la forme exprime plus adéquatement que le rite réformé la foi de l'Eglise au Sacrifice rédempteur; sa transcendance absolue, et sa place dans notre vie, notre apostolat et la conversion des âmes. Dites-moi quelle aurait été notre réaction s'il s'était trouvé quelqu'un, en 1988, pour nous demander la concélébration dans le nouveau rite que l'on tente de nous imposer aujourd'hui ?
 

2. Mépris de nos engagements : ceux que nous avaient dictés l'honneur - pas le nôtre, celui de l'Eglise - c'est-à-dire la fidélité et l'obéissance que nous n'avons cessé de lui montrer. Sans parler du mépris de nos constitutions, engageant l'autorité de l'Eglise à notre égard, mises à mal - ainsi que vous ne l'ignorez guère - par le non-respect de notre droit propre qui stipule le seul rite traditionnel. Et je voudrais savoir aussi pourquoi il nous est interdit de célébrer la messe selon ce même rite, constitutif de notre société, à Saint-Pierre de Rome ? Si nous ne sommes pas catholiques, qu'on nous le dise.

3. Mépris de nos séminaristes. Je n'insiste pas sur la crise qui n'a pas fini de cribler notre malheureux séminaire d'Allemagne et qui menace celui d'Amérique.

4. Mépris de nos paroissiens : scandaleux mépris. Plus fidèles que leurs inqualifiables "chapelains" aux textes fondateurs de notre Fraternité, abandonnés sans réconfort aucun au sabotage d'une minorité de conjurés, désorientés par le silence qui vous était imposé. Et à qui, dans ces circonstances terribles, nous n'avons eu à offrir que le lamentable spectacle de la division. Sans parler du mépris de nos bienfaiteurs, ceux qui assurent aujourd'hui les frais (somptuaires) de ce rassemblement; les mêmes qu'on sollicite pour construire des séminaires à la sortie desquels nous ne sommes plus en mesure de garantir l'exclusivité de la messe de saint Pie V.

Eh quoi, faudra-t-il un nouveau Néron pour nous aider à distinguer le bien du mal, rendre au sel sa saveur, et purifier dans le sang des martyrs un cléricalisme qui n'a rien à envier aux pharisiens de l'Evangile ?

Je ne me ferai pas complice de cette vilenie.

Je saisis aussi l'occasion pour vous rappeler quelques points d'échanges passés, voire de controverses, sur lesquels il est plus que jamais d'actualité d'apporter des solutions :

1/ Amélioration de la communication interne.
2/ Approfondissement de l'esprit de la Fraternité
3/ Explication de notre option en manière de liturgie
4/ Exercice du pouvoir

Vous priant pour leur expliquer ma défection, de faire état des lignes qui précèdent auprès des participants de votre assemblée, je vous prie Monsieur le Supérieur Général de trouver ici l'expression de tout mon respect,

In christo.

Abbé Tournyol du Clos